SMART pluvial

Présentation de l’étude :

Le projet Smart Pluvial, porté par l’ADOPTA en partenariat avec Suez, Douaisis Agglo et l’Agence de l’Eau Artois Picardie, vise à connaître le fonctionnement réel et l’efficacité des noues. Depuis une vingtaine d’années, les projets d’urbanisme conçus sur la base d’une gestion intégrée des eaux pluviales à la parcelle se multiplient, au rang desquels les noues représentent une solution simple et peu coûteuse. Le fonctionnement de ces ouvrages est bien souvent meilleur que prévu, sans toutefois pouvoir le prouver ou le démontrer. C’est pourquoi le projet Smart Pluvial a été lancé : afin d’acquérir des données sur le fonctionnement de noues existantes et d’étudier la vitesse de diffusion de l’eau dans le sol, et notamment sa partie pédologique (les 30-50 premiers cm).

Le capteur Smart Pluvial :

Dans le cadre de ce projet, Suez a développé et installé des capteurs simples et très peu coûteux, spécialement adaptés pour mesurer le fonctionnement réel de ces ouvrages :

  • le début et la fin de présence d’eau dans ces ouvrages,
  • l’atteinte ou non de la cote de déversement,
  • la vitesse d’infiltration dans le sol.

Le capteur Smart pluvial est composé de deux détecteurs de niveau (haut et bas), reliés à un transmetteur, le tout installé dans une « boîte d’arrosage », enterré à quelques centimètres, voire quelques dizaines de centimètres dans le sol. Ce système est autonome et envoie les informations enregistrées en temps réel.

Ce dispositif est :

  • rapide et facile à installer, ne nécessitant pas de mini pelle ou autre gros outillage de chantier,
  • présente très peu de risque de rencontrer d’autres réseaux enterrés,
  • ne présente pas d’impact sur les conditions d’exploitation des noues : fauchage, tondeuse,…

Installés en variante sous le niveau de la noue, ils permettent de mesurer la vitesse d’infiltration de l’eau dans le sol à différentes profondeurs.

Les sites d’études :

Aujourd’hui, 27 capteurs sont installés sur quatre sites de l’agglomération de Douai :

  • 10 capteurs à Sin Le Noble, Résidence Beaulieu (des noues avec tranchée d’infiltration)
  • 6 capteurs à l’éco-quartier du Raquet (noues)
  • 4 capteurs dans un lotissement à Ferin (noues très plates)
  • 7 capteurs au musée archéologique Arkeos à Douai (noues profondes et nappe perchée, infiltration défavorable)

L’étude a démarré en Juin 2017 par la pose des premiers capteurs. Des problèmes de remontées de données ont été constatés et résolus début 2019. Des capteurs supplémentaires ont été ajoutés au cours de l’année 2019. Il est prévu prochainement d’équiper de deux capteurs une chaussée à structure réservoir à Douai lors de sa réalisation.

Implantation générale des 4 secteurs d’étude
De gauche à droite : Noue Arkeos, Noue Férin, Noue Raquet et Noue Beaulieu.

Les premiers résultats :

Les premières données disponibles sur les capteurs du Douaisis depuis 1 an et demi apportent un éclairage nouveau sur le fonctionnement réel des noues. Il a été constaté que les volumes de stockage des noues, qui sont calculés à partir de dimensionnements hydrauliques, n’ont jamais été mobilisés, même pour une pluie de 30 mm sur une noue qui récupère 32 fois sa superficie (coefficient d’apport = 33)! Cela s’explique par le fait que les eaux pluviales sont absorbées et stockées dans le sol « vivant », sur quelques dizaines de centimètres, avec une perméabilité d’environ 10-3 m/s (celle du gravier), puis ce « train d’eau » semble s’infiltrer dans le sol plus profond selon la « perméabilité de projet ». Ces données sont à confronter aux conditions géologiques et pédologiques.

Ces premiers résultats, à conforter par l’acquisition de données à venir, semblent donc indiquer que l’horizon pédologique du sol est une véritable éponge et présente une capacité de stockage et de diffusion de l’eau pluviale très importante. Cela semble se rapprocher des valeurs annoncées par les pédologues qui indiquent que l’horizon superficiel d’un sol bien structuré, bien vivant (présence de biomasse, de systèmes racinaires développés) présente une porosité de l’ordre de 40%. La suite de l’étude, prévue pour durer 3 à 4 ans, permettra de conforter, ou modifier, ces premiers résultats.

A suivre, donc.